Peut-on faire le graphisme que l'on aime ? - Dire - Agence de Communication Digitale - Paris
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Peut-on faire le graphisme que l’on aime ?

Choisir d’exercer un métier artistique, c’est bien souvent une histoire de passion et de sensibilité artistique. La communication visuelle et le graphisme, au delà de la transmission d’un message commercial, est le vecteur de l’expression d’une certaine vision.

Si dans l’art, l’identité de l’artiste est intrinsèquement liée à sa production graphique, dans le domaine des arts appliqués, une problématique récurrente se pose : comment lier les contraintes commerciales aux préférences graphiques d’un artiste ? Et pour aller encore plus loin : peut-on produire le graphisme que l’on aime pour servir un propos ?

En matière de graphisme, se démarquer artistiquement est essentiel. Reproduire ce que l’on a déjà vu, et s’inspirer copieusement de productions déjà existantes n’est pas seulement ennuyeux : c’est la preuve ultime du manque d’originalité et de personnalité. Et ça, c’est la hantise du graphiste. Parce que le graphisme, c’est un peu le reflet de son auteur, de ce qu’il est et de ce en quoi il croit. Il y est également un peu question de prouver sa valeur au monde. Et comme il n’y a pas de réponse universelle à une problématique donnée, c’est l’approche personnelle du graphiste qui va donner tout son sens à sa production.

Alors lorsqu’il s’agit d’une commande pour un client, les choses se compliquent.

Les contraintes du projet, budgétaires, stratégiques ou de l’ordre de l’univers graphique à respecter, viennent se heurter à l’univers propre du graphiste, à son envie d’innover, mais aussi ses propres affinités graphiques. S’ensuit alors une subtile gymnastique à base d’argumentation, de négociation et de concessions pour trouver le point d’équilibre qui saura satisfaire tout le monde.

Alors, peut-on faire le graphisme que l’on aime ?

Oui, bien évidemment.

Concession ne veut pas dire sacrifice, et en argumentant de façon juste et raisonnée, il n’y a aucune raison de ne pas aboutir sur un beau projet.

L’expression artistique reste à la base du design graphique, et il n’est pas rare de voir naître des campagnes / projets dont l’impact vient en grande partie de l’identité artistique de son auteur.

Faire le choix de favoriser le commanditaire à la commande, l’exemple du studio Lyonnais Superscript².

Le studio Lyonnais, établi depuis 2006, revendique sa volonté de ne pas travailler pour un secteur en particulier, mais plutôt pour un commanditaire.

“Il n’y a pas de mauvaise commande, que des mauvais – ou bons – commanditaires” déclare Patrick Lallemand, co-fondateur du studio dans une interview accordée suite à son intervention lors de la conférence « Fontes et caractères dans tous leurs états : la typographie face aux projets graphiques » au campus de la Fonderie de l’Image en 2015.
De l’identité du festival Les Nuits Sonores, à la refonte de l’identité de Tollix, le studio s’est illustré pour la diversité de ses projets, autant dans le fond que dans la forme. Pour autant, jamais il ne déroge de sa ligne directrice : établir de vrais choix graphique et de design dans sa production, et aboutir malgré les contraintes initiales des projets, ou celles qu’il s’est imposé pour stimuler son processus créatif, à un résultat qui lui ressemble.

superscript-nuits-sonores-2012

Superscript² – Nuits Sonores 2012

Devenir populaire après avoir fait le choix de vivre de ce qu’elle aime : la Success story de Marian Bantjes.

Marian Bantjes, graphiste, typographe et auteur canadienne reconnue dans le monde entier, a un jour choisi de travailler avec son coeur, sur des formes graphiques qui lui plaisent. Ces choix, motivés par une envie de “vivre de choses qu’ {elle} aime”, lui ont permis d’explorer davantage le monde de la création artistique. Cette démarche sincère a séduit ses futurs commanditaires, et elle jouit aujourd’hui d’un succès nouveau.

Marian Bantjes, Valentines 2011 / Sorrow

Marian Bantjes, Valentines 2011 / Sorrow

«  Aujourd’hui, je me considère comme une artiste graphique. Là où mon travail en tant que designer était de suivre une stratégie, mon travail d’aujourd’hui, guidé par mon ego est d’être à l’écoute de mon coeur et de mes centres d’intérêts, dans le but de produire un travail dont mon client et moi tirons satisfaction. Je sais que c’est une hérésie dans le monde du design. Notre ego n’est pas supposé être impliqué dans ce travail. Mais ca marche pour moi, sans exception. Au plus je considère le travail comme quelque chose de personnel, au plus il est percutant, intéressant et enrichissant. {…} Je suis en quelque sorte hors norme dans ma facon d’aborder le design. Là où d’autres pourraient chercher des résultats mesurables, j’essaie de m’intéresser à des qualités plus éthérées comme apporte-il la joie ? y-a-t il un côté merveilleux ? et éveille t-il la curiosité ? » déclare-t-elle en 2010 lors d’une conférence TED intitulée « Intricate Beauty By Design. »

Et c’est inspirant au plus haut point.
Alors oui, on peut faire le graphisme que l’on aime, et celui-ci a autant de façons de s’exprimer qu’il existe de graphistes. Le tout est de savoir qui l’on est et ce que l’on a envie de faire, afin de trouver sa place au sein du paysage graphique actuel.



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